• Interview dans Psychovision.net

    La nomination récente de "Spiris le souffle de l'infini" parmi les titres de la sélection du Prix Rosny Ainé 2010 offre l'occasion de parler à nouveau de Pierre Louis Besombes, un des auteurs sans doute les moins connus du palmarès, et de son œuvre éditée aux éditions Quintessence.

    Bonjour. Tout d'abord, un grand merci à vous d'accepter cette interview pour Psychovision.

    Votre bibliographie se compose aujourd'hui de trois romans édités chez une maison d'édition (Quintessence) dont le catalogue se compose principalement de livres abordant (pour utiliser un raccourci) "la recherche du bien être".

    Les aventures de Spiris ne dénotent aucunement de cette ligne éditoriale. Pouvez-vous après vous êtes présenté brièvement, la genèse de Spiris?


    Bonjour à tous les lecteurs de Psychovision.net. J'habite dans le sud de la France, près de Marseille. J'exerce la profession d'analyste de marché dans une société de haute technologie. En dehors de mon travail, je suis passionné par beaucoup de thèmes tels que l'archéologie, l'astronomie, la mythologie ou l'histoire des civilisations de l'antiquité. Il en est une autre qui me cheville au corps, c'est celle des lettres. Car la lecture comme l'écriture demeurent encore un des domaines où notre esprit garde tout son pouvoir d'imagination. J'adore créer des histoires et des univers fantastiques. J'écrivais des contes et des nouvelles, jusqu'à ce qu'un jour, je ressente le besoin impérieux d'écrire une épopée imaginaire. J'ai alors créé ce personnage Spiris, surgit du néant ou du passé ? Car l'histoire se passe avant le déluge. Je pourrais vous raconter les mythes relatifs au déluge. C'est le mythe le plus répandu sur terre, mais j'y reviendrai plus tard.

    Spiris, orphelin, est recueilli par un clan de bohémiens. Il va être chassé de son clan par un oracle, pousser comme une mauvaise herbe, jusqu'à ce que sur son chemin il rencontre des mages mystérieux, gardiens du secret de la résurrection des morts. Ce personnage s'affirmait au fur et à mesure des pages et prenait vie sous mes yeux. Lorsque je le délaissai trop de temps il revenait à moi, dans mes pensées avec insistance. Dans mon sommeil, par des songes, dans ma vie, par des signes. Comme s'il avait décidé de ne me laisser aucun répit. Cela ressemblait quelque part à une souffrance. Ce fut une aventure dévoreuse de temps et d'énergie. Il m'a fallu huit années pour écrire cette trilogie.

    Maintenant j'ai l'impression de ne plus être sous l'emprise ou le pouvoir de mon personnage. J'ai la sensation d'avoir accompli ce qu'il m'avait demandé. Je sais qu'il vit désormais à travers ses lecteurs. Certains m'ont rapporté avoir cherché cette fameuse pierre qui chante, d'autres essaient de mettre en pratique sa philosophie de vie, d'autres portent symboliquement son nom... Dans mon dernier ouvrage, "Les Coïncidences Fantastiques de Spiris", je relate la genèse de la trilogie et rapporte les étonnantes coïncidences qui se sont succédées pendant son écriture. Comme si le hasard avait un sens...


    Avez-vous dés le début imaginez de faire évoluer votre héros dans un monde habité par exemple d'énergies telluriques? Est-ce pour coller aux croyances antiques ou une croyance personnelle?


    De nombreuses civilisations de l'antiquité enseignaient que tout était relié. "Tout ce qui est en haut est comme ce qui est en bas". En d'autres termes, tout ce qui est au ciel trouve son reflet sur terre. Il existait pour les anciens des routes du ciel et des routes terrestres. Ces routes du ciel se retrouvaient dans les constellations et trouvaient leur pendant sur terre. Prenons l'exemple des Wisigoths, le peuple qui marche vers l'Ouest (Westgoten), vers le soleil couchant. Ils ont poursuivi une route qui les a mené d'Europe centrale, en Grèce, en Italie, en France pour arriver jusqu'en Espagne. Ils suivaient une voie céleste, la voie lactée, d'est en ouest, qui épousait une voie terrestre. Ils ont ainsi poursuivi leur chemin jusqu'au Finisterre espagnol, là où le soleil se couche. En creusant ce sillon, il est probable que ces Wisigoths aient donné naissance, sans le savoir, au premier grand chemin de la chrétienté, celui d'El Camino, le chemin de Santiago de Compostella. Le Champ des Etoiles. Les pèlerins du Moyen-Age, dépassaient Santiago et allaient jusqu'à l'océan. Les marcheurs de Compostelle mettent leurs pas là où les ont précédés des milliers d'autres pélerins. Ils connaissent la force de ce chemin. Sur ces routes telluriques, des menhirs sont parfois dressés en des endroits précis pour rendre hommage aux divinités et peut-être lier le haut et le bas ? Spiris se guide à travers des constellations et la configuration du sol. Je n'ai pas de croyance personnelle au sujet de ces énergies telluriques, juste des ressentis. Certains lieux sont plus magiques que d'autres, non ? Ils dégagent une force et une beauté particulière. Et je suis sûr que vous avez déjà ressenti cela Ludovic.

    Les animaux sont capables de se guider en fonction du magnétisme terrestre, tels les oiseaux migrateurs. Les hommes n'ont pas ce savoir. On l'a vu lors du tsunami de 2004. Seuls les animaux avaient anticipé la catastrophe. Est-ce que les anciens possédaient ce don ? Nul ne le sait. Maintenant nous ne savons même plus lire la langue des étoiles parce qu'elle ne nous est plus nécessaire. Nous avons notre GPS. Pourtant, nous avons besoin de notre bonne étoile. Nous venons de là, car ce sont nos racines. Nous sommes issus des étoiles, de ces poussières d'étoiles tractées par les vents solaires et qui viennent ensemencer les planètes. Notre matière est la même, même si nous ne sommes vraiment... que des poussières d'étoiles.


    Le moins que l'on puisse dire c'est que votre style est (je trouve) des plus épurés, vos personnages évoluent dans un univers avec une faune et une flore réduits à peu d'éléments, ce qui dénote des récits classiques de fantasy où les détails affluent alimentés par l'imaginaire.

    Quelles ont été vos sources d'inspiration (passées et présentes)?

    J'aime aller à l'essentiel, ne pas m'encombrer de trop de détails. Aller directement dans le vif du sujet. Je pense que le début du tome 1 était un peu long à se mettre en action même si Spiris connaît son lot d'épreuves lors de l'enseignement de son maître Karan. Avec la réédition de "Spiris, le Chant de la Pierre" prévue pour début juin 2010 j'ai réécrit certains passages. Les tome 2 et 3 vont plus à l'essentiel et sont peut-être plus percutants. Mais aucune préférence claire ne se dégage. Il y a des lecteurs qui préfèrent le premier volume, d'autres le 2 ou le 3.

    Cette histoire de Spiris nous ramène au temps du déluge, avant les civilisations connues de l'antiquité. Je me suis inspiré des traditions Egyptiennes, Sumériennes, grecques en écumant les Musées et les sites antiques. Le mythe du déluge le plus ancien n'est pas celui que l'on croit avec Noé mais celui d'Utnapishtim à Sumer. Les Dogons ont également leur Noé avec Nommo. C'est le mythe le plus répandu au monde comme si quelque chose s'était vraiment passé il y a très longtemps et était resté ancré dans la mémoire de l'humanité. Mais parfois, il n'est pas besoin d'aller si loin. Sous nos pieds résident encore des vestiges d'anciennes citées perdues. Je veux parler de nos ancêtres les Gaulois ou les Celtes. Une de leurs légendes veut qu'un de leur héros, le fameux Hu-Gadarn ait été le sauveur de l'humanité, en terrassant le dragon qui a provoqué le déluge. Il n'y a qu'à grimper sur les collines, où se situaient leurs oppida, leurs villages fortifiés, pour aussitôt imaginer leur univers empreint de légendes et de mythes.

    J'ai souhaité écrire Spiris pour répondre à cet appel intérieur et impérieux de coucher par écrit ce monde mystérieux. Je ne savais pas où j'allais, ni comment aller se finir cette saga. J'écrivais sans plan, en découvrant au fur et à mesure de chaque page, un peu comme le fait le lecteur, ce qui se passait. Même au dernier chapitre de la trilogie je n'avais aucune idée sur le final de cette aventure. Mais je vous vois venir Ludovic, je ne vous mettrais pas sur la piste.

    Pour quel type de lecteurs avez-vous écrit Spiris? Quels sont finalement vos lecteurs (plus adolescents, qu'adultes?).

    Non, je n'avais pas en tête l'idée de plaire à tel ou tel lectorat. Mais j'ai été étonné de voir que beaucoup d'ados, voir des pré-ados et des moins jeunes adoraient les aventures de Spiris. Cette découverte a été pour moi un vrai bonheur. De jeunes lecteurs italiens me disent que Spiris est un livre "fantastique" et attendent avec impatience la suite mais seul le tome I a été traduit...


    On ne peut nier un certain engouement pour votre héros, on peut voir dans le troisième tome l'ébauche d'une planche de bande dessinée, celle-ci vient s'ajouter à différentes illustrations très variées. Ces trois premiers romans mettant en scène Spiris auront-il une suite sous une forme ou une autre? Avez-vous d'autres projets?


    Je vais publier très prochainement (début juin 2010) une chronique sur la trilogie intitulée "Les Coïncidences Fantastiques de Spiris". Même si beaucoup de lecteurs me demandent de continuer la série, je n'ai pour l'instant reçu aucune indication, aucun "appel" de Spiris en ce sens (rires). Donc il est possible que je m'oriente vers une BD. Le tout est de trouver un bon illustrateur. Là, c'est moi qui passe un "appel".

    Spiris, outre le fait d'arriver à dépasser sa triste condition (enfant esclave), se caractérise également par le fait qu'il surmonte un handicap physique (on lui a coupé la main), il est devenu je crois une sorte de symbole. Pouvez-vous nous en parler?

    Vous dévoilez une partie de ce qui se passe dans les premiers chapitres du tome I. C'est vrai qu'il lui arrive beaucoup de misères à ce héros. Mais il va les surmonter à force de courage et d'abnégation. Un peu candide et naïf au début, il va s'affirmer peu à peu jusqu'à devenir un maître, puis un guide pour de nombreuses personnes. Son chemin a été fait de ténèbres, de pénombre, puis d'éclaircies. En parlant de handicap physique, vous faites aussi allusion à l'association Robin Richard pour laquelle je me bats. Cet ado a été foudroyé il y a trois ans. C'était une coïncidence malheureuse et tragique. C'était le 30 mars 2007, je venais présenter dans son collège et sa classe de 4° le livre "Spiris, le Faiseur de Foudre" afin que les élèves choisissent la couverture entre plusieurs illustrateurs. Le garçon avait été foudroyé la veille en classe nature et les élèves venaient juste de l'apprendre. Robin ne peut toujours pas bouger ses deux bras. Ni ses deux jambes. Ni parler mais il avance. Il progresse. Il se bats. Il aurait dû mourir mais il est sorti du coma. Son cas est unique en France et la médecine n'est pas très avancée sur le sujet. Ils sont un peu désemparés. Comme ses parents qui recherchent toute bonne volonté pour les aider. Nous sommes parfois ballotés et abattus par les épreuves de la vie. Mais l'espoir et la solidarité des hommes peuvent tout. Seuls nous ne sommes rien, ensemble nous sommes tout.


    A propos de cette interview:

    - Site de la série: http://spiris.kazeo.com

    - Site de l'association Robin Richard: http://asso.robinrichard.free.fr/

    - Chronique du tome 1 "Spiris - Le chant de la pierre"

    - Chronique du tome 2 "Spiris 2 - Le faiseur de foudre"

    - Chronique du tome 3 "Spiris le souffle de l'infini"


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