• Dîner Littéraire au Profit de Robin Richard

    De nombreux lecteurs sont venus ce mardi 19 janvier 2010 pour soutenir Robin Richard et ses parents qui étaient présents. Les livres de la trilogie Spiris ont été dédicacés par l'auteur et vendus au profit de ce jeune garçon touché par la foudre en 2007. Ce dîner littéraire du restaurant Don Corleone à Marseille a été bien chargé en émotion.

    Pierre-Louis Besombes avec les parents de Robin, Bruno et Annick Richard et à droite l'auteur Eve Carmignani. Eve Carmignani
     
     
    L'auteur de la trilogie Spiris aux côtés des organisateurs Jean-Claude Romera, auteur, à gauche, Alfred Mauro et Sophie à droite.
     
    L'auteur aux côtés de deux participantes à cette soirée Agnès et Gaëlle, à droite.
     

    "Nous allons bientôt ramener Robin chez nous"

    Publié le lundi 25 janvier 2010

    Annick et Bruno Richard font le point sur l'état de santé de leur fils et confient leurs espoirs

     Chaque jour depuis mars 2007, Annick et Bruno Richard se rendent au chevet de leur fils Robin, actuellement hospitalisé à l'institut Valmante de Marseille.

    Robin va mieux

    "Avant, quand on lui parlait, il y avait toujours un moment où il "décrochait", où il n'était plus avec nous. Aujourd'hui, il est tout le temps avec nous, il nous écoute, ses yeux nous suivent et nous sourient, il comprend tout ce qu'on lui dit et ce qu'on lui demande".

    Annick et Bruno Richard en sont certains : Robin, leur fils de 17 ans, frappé par la foudre lors d'une sortie scolaire en mars 2007, est sur la voie de la guérison. "Nous envisageons très bientôt de le prendre un après-midi par semaine, le samedi ou le dimanche, à la maison. Vous rendez-vous compte que Robin n'a pas revu sa maison depuis bientôt trois ans?" Sur la table de la cuisine, le couple a étalé les photos les plus récentes du fils absent. "Là, c'est à Noël, vous voyez ses yeux tandis que sa soeur Morgane ouvre son cadeau. Là, il est avec sa mère, et là avec son jumeau, Maxime", détaille Bruno. "Hier, à la promenade, il a souri à une plaisanterie que je lui faisais sur sa façon de s'emmitoufler dans sa couverture", ajoute Annick.

    Et Bruno d'affirmer, "c'est comme une forte anesthésie qui se dissiperait tout doucement, Robin revient chaque jour un peu plus parmi nous". Tous les jours, le couple quitte Vitrolles en début d'après-midi pour se rendre à l'autre bout de Marseille, dans les quartiers Sud, où se trouve l'institut de rééducation Valmante. "À 16heures, ils le mettent dans un fauteuil roulant. Pendant une heure, nous allons dans le parc de l'établissement. Ensuite, nous rentrons à sa chambre, nous discutons, nous lui passons des vidéos de ses amis, de sa famille. Son esprit, son intellect est resté intact. Il lit les messages compliqués que nous inscrivons sur une ardoise, il y répond, par gestes de la main".

    L'appel aux spécialistes

    Bruno et Annick font une entière confiance aux équipes de l'institut de Valmante où leur fils a été transféré après 15 mois au centre de Hyères. "Ils s'en occupent à merveille, chaque jour, ils le font travailler, il fait des progrès quotidiens. Il a repris du poids et n'a plus de ces douleurs qui le terrassaient". Mais en parents exigeants et attentifs, ils en veulent "raisonnablement plus". "Robin respire par un tuyau dans sa trachée-artère et s'alimente par un tuyau dans son estomac. Nous savons qu'il peut tout faire lui-même. L'obstacle, le seul obstacle, c'est sa bouche, grand ouverte, qu'il ne peut pas fermer", argumentent les parents. Depuis le 29 mars, la bouche du jeune homme est restée tétanisée dans l'horreur du foudroiement. "Les muscles se sont crispés, tirant la mâchoire inférieure à l'arrière et lui interdisant la déglutition".

    Annick et Bruno sont en quête d'une équipe de stomatologues intéressés par le "cas" Robin, ils se tournent actuellement vers un groupe aixois. "Nous avons un deuxième motif d'espoir, le voici: actuellement, Robin est traité comme s'il avait eu un accident vasculaire cérébral ou un trauma crânien. L'origine de son mal, le foudroiement, n'est pas prise en compte. Or, il existe des spécialistes de l'électrofulguration, à Paris par exemple, il y a le professeur Jean Cabane".

    Avec l'aide de tous

    Créée en avril 2007 par des proches de la famille, Max Blanc le prof de gym du collège de Beauvoir organisateur du raid à VTT, et par la danseuse Ingrid Mériau, voisine des Richard, l'association Robin Richard a été la première à organiser la solidarité autour de Robin. Plusieurs soirées ont été mises sur pied qui ont permis de venir en aide à la famille.

    Les Truckers du Coeur à Martigues, David et Goliath à Gignac, d'autres associations ont étendu le mouvement. Depuis, l'histoire de l'adolescent foudroyé au soelil a par la grâce d'Internet fait le tour de la planète. "Il nous arrive parfois de recevoir des messages des États-Unis, du Canada, des gens qui nous donnent des conseils et nous envoient des amitiés".

    C'est à Marseille que s'est manifestée la dernière action de solidarité en faveur de Robin. Mardi dernier, au restaurant Don Corleone près du Vieux Port, l'écrivain Pierre-Louis Besombes a vendu les livres de sa trilogie Spiris au profit de l'association. 300€ ont ainsi été collectés.

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    Bientôt trois ans

    Le 29 mars 2007 dans un gîte d'étape de Trets, un groupe d'ados vitrollais arrive à destination après une journée dans la campagne aixoise. Pour les collégiens de Simone-de-Beauvoir, c'est le deuxième jour d'une virée qui doit leur faire découvrir à VTT tout le département. Mais aux environs de 17h, pour Robin, tout va s'arrêter. Sous un grand soleil printanier, la foudre soudain s'abat sur l'adolescent qui ramasse du bois pour le repas du soir. Plongé dans un profond coma, Robin est transporté aux urgences pédiatriques de la Timone.

    Il y reste trois mois, puis il est transféré au centre San Salvadour de Hyères, dans le Var, qui accueille les enfants comateux. En janvier 2008, ses parents qui n'ont jamais passé un jour sans se rendre à son chevet, décèlent les premiers signes de réveil, mais il faudra attendre le mois de juin 2008 pour que sa sortie du coma soit officialisée et le mois de juin 2009 pour que Robin puisse quitter San Salvadour pour l'institut de rééducation marseillais Valmante où il se trouve aujourd'hui. L'ado avait 14 ans quand l'éclair venu des cieux a fracassé sa vie. C'est un jeune homme de 17 ans que ses parents, son frère jumeau Maxime et sa soeur aînée Morgane, 19 ans, se préparent à ramener chez eux après trois ans de douleur, d'espoir et de lutte permanente contre les lourdeurs du système médical et sanitaire français.


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    La galère du quotidien

    Pour Annick et Bruno Richard, la situation est sans cesse plus difficile. Après 13 mois de congé pour enfant malade, Annick, employée de la chaîne de grande distribution Casino, s'est mise en congé maladie sans rémunération. Bruno, lui, a repris son travail de facteur le 15 octobre, après un an de congé maladie.

    Le 17 novembre, sa tournée postale (Le Fouquet-Maillane-Le Rocher) a été supprimée dans le cadre de la réorganisation "Facteurs d'avenir" de La Poste, au grand désespoir des habitants de ces quartiers qui ont été 350 à signer une pétition de protestation adressée à la direction départementale de La Poste.

    En vain. Bruno Richard est désormais facteur remplaçant. Après deux mois aux Pins, il vient d'être muté sur une "tournée paquets" sur le centre de Vitrolles. "Une tournée qui comprend La Plaine et le centre urbain. Je commence à 6h30 le matin, je finis à 14h30 ou 15h au lieu de 12h45 qui est notre horaire normal. Je fonce à la maison. Pas le temps de manger, un café seulement, et à 15h30 on prend la route de Marseille, à 16h on est à Valmante. Le matin, je me lève à 3h30 pour rédiger les dizaines de courriers - papier et Internet - que je fais chaque jour pour Robin. Le soir, je m'écroule de fatigue à 9heures".

    Pour pouvoir concilier sa vie professionnelle et sa nécessaire présence auprès de son fils mais aussi auprès de Maxime et Morgane les autres enfants du couple, Bruno a décidé de quitter son métier de postier, "que j'ai vraiment beaucoup aimé" pour un autre secteur de la fonction publique. "J'ai demandé au nouveau maire, Loïc Gachon, la possibilité d'intégrer le personnel municipal. J'ai été reçu par son cabinet, un long entretien sur ma motivation. Maintenant j'attends, je suis confiant".

    Colette AUGER



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