• Critique de "Spiris, le Faiseur de Foudre" dans Psychovision

     

    Critique de "Spiris, le Faiseur de Foudre" dans Psychovision de Ludo

    Parvenu au quatrième degré initiatique de l'apprentissage qu'il avait débuté avec Karan, Spiris n'en est pas moins dans une situation désespérée.
    La découverte de trois mystérieux parchemins dans une cité abandonnée a causé la mort de son maître.
    Grâce à la communauté des Monts Merzers, Spiris a déchiffré le premier des rouleaux qui le désigne comme l'élu. Grâce à lui le retour des fabuleux tankari, civilisation antique au rayonnement et à la sagesse incontestable, sera assuré, et par la même occasion la fin du règne du tyrannique Sedor VII.
    Malheureusement, sans le savoir Spiris compte parmi ses compagnons de voyage un traître, et pas des moindres puisqu'il s'agit du grand mage rouge de l'empereur despote qui poursuit ses propres ambitions!
    Cette révélation tardive plonge notre héros dans la consternation et le désespoir le plus profond.
    Emprisonné, il n'a pu éviter le massacre de la communauté de Tudor et, s'il ne se hâte pas, celle où s'est réfugiée Leylane, la femme qu'il aime, risque de connaître le même sort.
    Désigné comme le descendant des tankaris, il doit par ailleurs tout mettre en œuvre pour reprendre les deux derniers rouleaux qui ont été dérobés pour que la prophétie se réalise. Se lançant à la poursuite de leur possesseur, il ne tarde pas à se rendre compte que celui-ci bénéficie de pouvoirs qui lui permettent de maîtriser les éléments naturels.

    Familiarisé au monde de Spiris par la lecture du premier épisode, on débute "Le faiseur de foudre" avec un regard différent et un intérêt certain d'autant que la fin du premier volet laissait le héros chargé par un Mork sauvage (Pierre Louis Besombes réalisait là une épanadiplose narrative: la première phrase du récit évoquait de grands yeux jaunes qui trouvent un écho dans cette conclusion abrupte.).
    La bête sauvage, contre toute attente, mène Spiris vers un nouveau maître, Selkh. Ce dernier, qui maîtrise l'art fulgural, encourage son nouveau disciple à accepter son destin et à poursuivre Elrad le traite, plutôt que d'écouter son cœur et de rejoindre Leylane.
    Le grand mage rouge espère s'emparer du Vaghar, machine inventée par les tankaris et qui pourrait faire de lui un Dieu. Une course poursuite, où le destin du monde est en jeu, s'ensuit...
    Si celle-ci n'était pas relatée dans un style très particulier, on viendrait à reprocher à l'ensemble un manque d'originalité flagrant. Mais le moins que je puisse dire c'est que la série de Pierre Louis Besombes n'a sincèrement rien de commun avec les romans de fantasy actuels. Elle se rapproche beaucoup plus, de par son style, sa mise en scène et ses personnages, des récits mythologiques.
    Une description incomplète de l'ambiance qui se dégage des écrits de l'auteur qui donnent une fois de plus à l'adjectif "initiatique" tout son sens à travers l'orientation et le rythme qu'il donne à son histoire.
    Encore une fois, les personnages évoluent dans une ambiance teintée de spiritualité, et à travers les périples et les états d'âme de Spiris, le lecteur est invité à partir en quête de lui-même.
    Cette démarche, qui n'est pas sans rappeler les autres domaines abordés aux éditions Quintessence, n'est pas sans intérêt et particularise Spiris du reste des productions pour adolescents.
    Lors de la victoire de notre héros, dépendant de ce qu'il atteigne la parcelle de divin (au sens large) qui est en lui, l'écrivain n'hésite d'ailleurs pas à décrire une cérémonie qui n'a rien à envier par l'aspect charnel décrit à celle de Beltaine telle que présentée dans les légendes arthuriennes.
    Les références au monde celtique sont nombreuses. Cette impression est renforcée par la présence de nombreux mégalithes et de cromlech qui servent de décor au récit
    Confronté à divers bouleversements climatiques, à un ennemi déchaînant sur lui les quatre éléments (la terre, l'eau, le feu, l'air), Spiris en vient à s'interroger sur la Nature, et à essayer de la maîtriser tout en la respectant.
    Un sujet qui se révèle très actuel, quoique transposé dans un monde antique et qui ne manquera pas d'interpeller.
    L'ensemble reste néanmoins d'un réalisme incontestable (ce qui n'est pas une mauvaise chose), Pierre-Louis Besombes ne favorise pas les effets de manches et les coups de théâtre inespérées. La mort est omniprésente, et certains comme dans le premier volume mourront au champ d'honneur.

    Plus condensé, ce second volet renforce donc un univers dans lequel on se surprend de plus en plus à apprécier d'évoluer et le monde de Spiris gagnerait a être plus étoffé et détaillé.
    La révision du design (couverture, illustrations et esquisses sont signés Manoël Verdiel) est un plus. Ne fait défaut qu'une mise en page que l'on souhaiterait plus agréable à l'œil et de fait à la lecture.
    "Le faiseur de foudre" (finaliste au Prix Merlin 2008 pour le Meilleur Roman francophone de Fantasy/Fantastique) se termine sur un véritable suspens et nul doute que le dernier tome de cette trilogie ("Le souffle de l'infini") ne manquera pas d'intérêt.
    On attend avec impatience de découvrir la suite de l'histoire de nos héros, et de voir si tout comme Spiris celle-ci nous enseignera de nouvelles révélations sur nous.

    Note: 7/10

    Dernière modification par Ludo (2009-12-18 14:14:39)


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